QUELLE PRATIQUE ?
Pour répondre à la question sur la pratique, il nous faut sortir du contexte émotionnel habituel, et entrer dans celui de l’enseignement de l’éveil spirituel, envisagé et vécu comme une voie dans le monde.
Nous pouvons en effet avoir une pratique méditative ou autre pour tenter de mieux percevoir les mouvements du moi psychologique, de se sentir plus installé dans une intériorité corporelle, voir espérer que cette dernière va nous permettre d’aboutir à un état particulier, attendu, imaginé, comme étant le dernier, une extase définitive du moi temporel. Et ceci a toute sa saveur.
Mais cette pratique là n’est pas la pratique de l’élève qui s’installe dans un chemin d’éveil, ici, sans résultats, au plus prêt de la source elle-même, dans la reconnaissance immédiate, atemporelle et fulgurante, qu’il est cette source, qu’il est le point d’eau.
La pratique dont je parle ici, est celle d’une rencontre si douce et infinie, celle de la révélation du réel, celle de l’instant sans temps de toute l’immensité de l’amour.
Elle s’articule autour de deux sentiers simultannés nécessaires :
1- ENTRER DANS L’INTIMITÉ AVEC LA MÉCANICITÉ DE L’ESPRIT, LES HABITUDES, LE CONDITIONNEMENT, LES BLESSURES
Quand nous sommes attentifs, infusé par la présence en Je Suis, soit dans la présence d’un être contagieux de cette dernière, soit par son souvenir saint au creux de notre coeur, alors sans drame ni sublimation, nos yeux s’ouvrent dans la clarté du plus grand en nous, et toute la mécanicité du moi psychologique peut être embrassée, vraiment, sans lutte, les blessures du passé accueillies de manière totale, nos conditionnements et habitudes simplement vues sans refus ni jugement. Tout ce qui est fixe est alors éclairé.
C’est un sentier sans explications, sans point de vue ni signifiant. C’est tel que c’est dans l’instant et c’est tout. Il n’y a rien à ajouter, à comparer, à expliquer. Tentons ici de laisser la métamorphose naturelle de l’instant se dérouler tranquillement, depuis l’immobilité glorieuse, terre de naissance de l’apparition du monde. Ce chemin n’est pas celui de la gloire de la mémoire, mais celui de l’effacement du narratif-mémoire à propos de ce que nous avons fixé de nous.
2- VEILLER LE VIVANT, L’ORIGINE DE LA SOURCE DU TOUT AMOUR
Entrer dans l’intimité de nos mécanismes automatiques, répétitifs, depuis la perception de la présence que nous sommes est fondamental sans pour autant être suffisant.
Il nous faut aussi dans cette pratique, reconnaitre le réel, s’offrir au rappel de ce dernier, s’installer dans la contagion sans mot de l’enseignement, veiller l’essentiel de notre nature originelle, entrer dans le souvenir saint de cette éternité que nous sommes, être fidèle au parfum du silence, renouvelle l’alliance à chaque instant avec Je Suis, notre seule réalité.
LES TROIS CLÉS de cette pratique, cette pratique qui répond à l’appel, à l’appel pressenti du Royaume, à celui qui a reconnu en son coeur la graine du retour, sont l’intrépidité, la vigilence, et la concentration.
C’est la promesse de la Terre promise, le goût du Toi l’Ami, souviens-toi de qui tu es, c’est le travail de l’essentiel qui s’installe en lui-même car il se sent protégé. Ainsi, cette pratique singulière de l’ici, efface le pratiquant.
J’aimerai aussi vous partager que cette pratique essentielle de notre nature essentielle vers elle-même est issue de la présence silencieuse, de l’espace entre deux pensées, d’un Je Suis sans paroles.
N’oubliez pas que l’éveil et sa révélation ne sont pas de ce monde, bien que dans le monde, et que cette pratique est la vie en mouvement, elle passe de vie en vie, elle advient constamment, et se prolonge d’ici à ici, instant après instant, dans chaque activité de votre vie.
Enfin pour finir, placer au creux de votre coeur que pour que cette pratique fasse Vérité essentielle et tangible, il faut le temps que ce soit reconnu comme tel par celui qui écoute. La transmission est le parfum de notre essence reconnue.